Bienvenue sur le site de l'AFB !! Les dates à retenir !! Accueil Bienvenue sur le site de l'AFB !! Fédération Française de Cyclotourisme
...de la course à la rando, l'AFB touche à tout !

Accueil  07//12
Compétitions  02//04
Règl. Coupe de France
Randonnées  29//03
Tableau des cols
Insolite  10//09
FAQ  05//10


l'association
adhérez !
liens


!! LE FORUM !!


Où et Qui pédale ?
Je m'inscris aussi !


          


Randonnées



Bordeaux-Madrid 2005


    Bordeaux-Madrid 2005 récit d'Eric Hamonic


    Tout à commencé par une blague, lorsque une amie qui venait de lire mes «exploits» 2004 sur le site de l’organisateur, tenta de dissuader mon épouse de me suivre sur les routes d’Espagne, en raison de la chaleur qu’il y fait à cette période de l’année. Cela me fit réagir et n’ayant rien de « spécial » de prévu pour 2005, je décidai donc de le faire ce Bordeaux Madrid. J’en parle à mon fils qui, me dit : « les paysages doivent être superbes, je viens aussi ». Ainsi donc, après notre aventure sur les routes du Paris Brest Paris 2003, la « dream team » familiale allait se reconstituer, pour une traversée épique des Pyrénées.

    Quelque part près de Pampelune



    Ce vendredi 1er juillet, lever à 3h30, pour quitter la maison des amis qui nous ont hébergé à Saintes. Arrivée sur le site de départ, à Bègles vers 5h. L’équipe organisatrice est sur le pont et nous reçois avec tous les égards du à notre rang.
    Petit déjeuner servi par l’organisateur, et, documents de route en main, nous démarrons à 6 h avec 160 autres participants. Petite déception, je suis le seul en VPH. Tant pis, je serai donc la seule « attraction » de l’épreuve, avec Sylvie et Laurent, connus sous le nom de « TANDEM NOIR » .auteur de la photo ci dessus et seul tandem participant.
    Départ en douceur sur les routes plates du sud de Bordeaux. Hélas rapidement je sens le besoin de m’arrêter pour satisfaire un besoin naturel, et cela ne me convient pas du tout, car l’allure est devenue assez soutenue, environ 35 km/h de moyenne, et je me vois mal faire une chasse pour revenir seul. Il fallu bien le faire pourtant et la chasse qui s’ensuivit, fut « sportive », ce genre de « conneries » ce n’est plus de mon age. Je trouvais bien difficile de revenir, et alors que j’allais y renoncer, j’aperçois enfin les voitures suiveuses. Encore quelques coups de pédales vigoureux, qui me coûteront cher d’ailleurs plus tard, et je reviens donc, passe les voitures et là, surprise, le peloton commence à éclater. Je double un premier groupe, puis un deuxième, et autre surprise, mon fils en fait partie. Je continue mon effort et revient dans le groupe principal. Il était convenu avec mon fils que nous ne ferions pas forcément le parcours ensemble, mais chacun à notre main. Et j’ai aussi l’espoir qu’il recolle au groupe principal. La traversée des Landes est très cool, avec mon VPH, il est évidemment très facile de suivre au sein du peloton. Nouvel arrêt « naturel », mais cette fois bien calculé pour ne pas être seul. Petite chasse à plus de 50 km/h et je reviens « facile » en compagnie de quelques autres. Discussion au sein du peloton, avec un participant, et boum , un choc, un nid de poule, crevaison. Je répare, mais évidemment me retrouve seul. Le premier contrôle ravitaillement : TARTAS, se trouve à 10 km,, j’y arrive seul , me restaure et regarde de plus prêt ma réparation , et là, mauvaise surprise, j’ai « pincé » et deux hernies menacent. Pas question de continuer comme cela, avec un pneu sous gonflé, car la suite est nettement moins plate et il faut donc une réparation de qualité. Trouver un pneu de 20 pouce n’était pas envisageable, trois « anciens » prennent en charge la réparation à l’aide d’un morceau de pneu laissé sur place par un autre participant, et en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, la réparation de fortune est faite, mais même si elle fut « de fortune », elle tiendra sans problème jusqu'à l’arrivée. Merci à eux.

    Père et fils en plein effort.... fait chaud par là!



    Entre-temps, mon fils arrive, et comme j’ai perdu le contact avec les meilleurs, nous décidons de continuer ensemble. Nous repartons donc, mais, changement de décors. Adieu la platitude des Landes, dès le démarrage, çà grimpe. Fini la promenade tranquille. Jusqu’au contrôle suivant, LANTABAT, 90 km plus loin, ce ne sera que montés et descentes et un soleil de plus en plus fort. A LANTABAT, nous sommes reçu dans une salle polyvalente très ouverte, (normal avec cette chaleur) ou des enfants répètent un spectacle. Le fiston commence à avoir du mal. On repart et la route est de plus en plus tourmentée. Le COL DE LA PALOMBIERE se présente. Succession de virages serrés, de côtes et de descentes abruptes sur une route de moins de 2 mètres de large. Pas haut du tout ce col, moins de 400 m, mais on sort de là complètement laminé, d’autant que le soleil cogne de plus en plus fort. Les bouteilles d’eau ne font pas long feu. Il faut dire que nous sommes en autonomie complète, donc, avec du poids, et que le problème du liquide, n’est pas simple à gérer. Heureusement une équipe de Romorantin, très organisée, puisque disposant d’un véhicule logistique, nous dépanne régulièrement. Elle le fera tout au long du parcours. Des gens super sympa, sans l’aide de qui, nous aurions sans doute eu quelques problèmes, surtout le lendemain.

    Nous sommes en Pays Basque …… et çà se lit sur les frontons





    La frontière Espagnole approche et alors que je suis seul devant le petit groupe ou se trouve mon fils, mon téléphone sonne. C’est ma fille, qui m’annonce sa réussite au bac. Voilà une très bonne nouvelle, qui redonne du cœur à l’ouvrage, et on en a bien besoin. J’attends le fiston pour lui annoncer le succès de sa sœur, il ne réagit même pas …. (C’est beau l’esprit de famille) C’est vrai qu’il est à la peine, pas facile ce parcours. Arrivée à ST JEAN PIED DE PORT, et là, commence un « morceau ». 18 km de montée pour arriver au sommet du col IBANETA (1057 m). Une haie (d’honneur) de la police Espagole nous attends peu avant le somment… Ils sont très cool et nous laissent passer…. Arrêt récupération au sommet. Nombre de gens souhaitent s’arrêter, y compris et surtout mon fils, il est donc décidé de trouver un hébergement ce qui se fera a AURIT, 6 km plus loins.


    A l’hôtel le premier soir, il y a comme des envies de dormir




    Le lendemain, départ au levé du jour, nous rencontrons des marcheurs avec sac à dos. Normal, c’est une des routes qui mène à St Jacques De Compostelle. Mais pour nous, gros problème car nous avons le ventre vide , le restaurateur ne se lève qu’a huit heures. Nous ne pouvons pas attendre, car la perte de temps serait trop importante. Nous poursuivons la descente pendant de nombreux km, et toujours pas un magasin d’ouvert. Le prochain ravito est à 80 km…Faudra faire avec…
    Paysages superbes avec le lever de soleil en spectacle.




    De nombreuses éoliennes apparaissent dans le paysage





    Lever de soleil près de Pampelune




    Nous empruntons des routes en très bon état et très larges, avec notamment des passages de tunnel assez long mais très bien éclairés. Il n’y a pas de circulation. Nous sommes quasiment seuls. Au détour d’un virage, un immense oiseau s’envole près de nous et nous précède de peu en volant lentement au raz de la route coté précipice. Un superbe spectacle…. Observé longuement et sans modération.
    Nous finissons par déboucher sur une route toute droite et plate (rare) avec sur notre droite une colline tantôt cultivée et tantôt laissée aux moutons. La pente est très abrupte et je ne voudrais pas être le conducteur de l’engin qui récolte le blé sur cette pente. Au beau milieu de cette ligne droite, une flèche nous invite à tourner à droite, ce qui ne nous semble pas logique, pour finalement tourner à gauche, là, çà nous semble logique. C’est ainsi sur les grandes routes. On ne s’arrête pas au milieu pour tourner à gauche, mais on prend une échappatoire à droite pour ensuite stopper et traverser. Des champs de blé et de tournesol se succèdent, mais le profil est toujours accidenté. Le contrôle ravitaillement d’ARTAJONA arrive enfin ,(km 352, mi parcours) et il est le bienvenu. Car nous n’avons rien mangé depuis la veille au soir. Le soleil tape dur à nouveau, il n’est pourtant que 9h30 (soit 7h30 solaire)

    Manifestation agricole ? ? ? ? ? ?





    Et nous voilà reparti. . Plus on avance et plus le décor est superbe. Nous traversons un défilé entouré de parois verticales de roches rouges, avec des villages construits au pied de ces parois. C’est vraiment très beau. Et rien que cette partie du parcours valait le déplacement.

    Mais c’est aussi très très chaud, et nous sommes à court de liquide. Heureusement, dans un petit village avec un peu de verdure, des accompagnateurs voyageant en camping car, qui attendent bien à l’ombre, nous dépannent. Peu ou pas de verdure, et seulement des roches qui restituent la chaleur….. Il reste 10 km avant d’arriver au contrôle ravitaillement de VILLAR DEL RIO. Et toujours, cette chaleur écrasante….. Enfin une pause, et on se refait des forces. On est en milieu d’après midi, et…. au pied d’un col, le col de ONCALA (1454 m). On démarre chargé d’eau et de quelques provisions. La monté est peu pentue, mais elle dure 17 km pour 800 m de dénivelé. Petite pause au sommet, avec une vue superbe sur la plaine qui nous attend. Une très longue descente (12 km) pleine de fun, route large et en bon état. Un vrai moment de plaisir. Mais on l’avait bien mérité. Nouvelle partie plate, puis on quitte la belle route pour atteindre une grande ville : SORIA , par de petites routes. Fin d’après midi, et c’est la fête à SORIA. Tout le monde est dans la rue. Nous nous y arrêtons pour une petite pause ravitaillement et profiter du spectacle. La ville est vraiment très grande, ce qui pour nous est inhabituel, mais le fléchage est parfait. Toutefois à partir de là, il nous faudra pour un long moment emprunter des grandes routes ou nous nous trouvons mal à l’aise, car il y a beaucoup de circulation et la nuit n’est plus très loin. Nous tenons un plan de bataille pour savoir ou nous arrêter, et c’est la que le fiston s’aperçoit qu’il n’a plus de papier d’identité ni d’argent, le tout étant rester dans son sac, pris en charge par la logistique de nos amis de Romorantin qui avaient à ce moment un peu d’avance sur nous. Et bien sur, son téléphone pour contacter nos amis, est aussi dans le sac….. Et pour couronner le tout, la ville ou l’on est censé les retrouver est très grande. ALMAZAN ou nous arrivons de nuit, et cherchons nos amis, en vain d’ailleurs. Tant pis, on décide de continuer jusqu’au prochain contrôle, ou l’on compte prendre un peu de repos. Surprise, en sortant de la ville nous trouvons nos amis qui eux ont décidé de dormir à l’hôtel. Le fiston récupère ses affaires et nous voilà reparti de nuit jusqu’à BARAHONA, tout petit village ou la tente avec ravitaillement et contrôle nous attends. Il est alors minuit et demi. Il y a aussi une belle petite place engazonnée, ou nous décidons de nous allonger pendant quelques heures, à la belle étoile. Avant de nous endormir, nous assistons à l’arrivée de trois concurrents, partis 24 heures après nous. Impressionnant ! ! ! ! ! ! Ces trois hommes ont 1h30 mn d’avance sur un autre groupe. Ils feront le parcours en moins de 24 heures .

    Portion presque plate à 50km de l’arrivée




    Nous repartons au lever du soleil et nous pensons que le reste du trajet (130 km) sera facile,…. Dès le départ, route presque plate, et un barrage sur la route encombrée de centaines de moutons. Rencontre avec le berger. Il trouve très bizarre ma machine et nous tentons quelques échanges par geste. Très vite la chaleur s’invite à nouveau et loin d’être facile le parcours nous réserve encore bien des surprises. Les côtes se succèdent sans interruption et ce ne sont pas des petites cotes, mais souvent des montés de plusieurs km, et la chaleur toujours présente.
    Une très belle ligne droite, presque plate et en bon état. Nous arrivons dans ce que l’on pourrait appeler « le conte de Madrid »,

    Un peu avant « Bagdad Café »



    Puis nous quittons cette belle route pour une petite « route » défoncée, vraiment infernale. Dans un décor digne de « Bagdad Café », une station service ou le propriétaire assis sur une chaise attend le client. Nous lui achetons une bouteille d’eau (1 €utos quand même) et, nous repartons sur le goudron fondant.
    Les montagnes russes sont derrières nous, mais le terrain reste accidenté. Traversé de quelques petites villes et nous voilà enfin à ALGETE.
    Il est midi, (10 h heure solaire) Un thermomètre indique 42°.
    C’est fini, on a réussi ……. Les organisateurs n’en reviennent pas. Un vélo couché a réussi la traversé des Pyrénées….
    712 km , 55 heures de route dont 33 passées sur le vélo. 7500m de dénivelé sur les 560 derniers km. Des paysages superbes…. Des rencontres. Une ballade qui restera dans nos mémoires.
    Un grand merci à nos amis de Romorantin qui nous ont apporté une assistance, imprévue, mais bien utile ; aux organisateurs, le TC Guyenne, et à tous ses membres qui nous ont soutenu et assisté avec gentillesse et dévouement. Les ravitaillements étaient parfaits. Sans eux il ne serait pas possible de vivre d’aussi belles aventures. Mention spéciale au responsable du fléchage. C’était absolument parfait. Jamais besoin de sortir une carte.

    Site que je vous conseille de visiter, celui de Sylvie et Laurent : TANDEM NOIR. Il y a leur récit, et de nombreuses photos.


    Lien vers le site du Tandem Noir



    Sur le site d’arrivée, ALGETE, à 10 km au nord de Madrid. Enfin un peu d’ombre ! ! ! !



    Des cailloux et beaucoup de chaleur, on dirait le Far-Ouest



le 30 janvier 2006 par Malric




admin ce site est la propriété de l'AFB, toute reproduction est interdite - (c) 2004 - écrire au webmaster revenir en haut