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Brevet des 10 cols, Lamastre en Ardèche - 4 juin 2005


    Loin des talents de romancier érotisant de notre Blackadder national, je me lance donc pour un petit compte-rendu perso de cette magnifique sortie : le brevet des 10 cols ce samedi 4 juin.

    Pour faciliter la tâche à ceux qui ont l’habitude de lire un roman à partir de la fin, voilà déjà ce qu’il faut retenir : 6 bents au départ, 6 bents à l’arrivée dans les temps (moins de 8 h) dont 5 qui ont fait le parcours complet (135 bornes et 2700 m de dénivelé) ; le 6ème (Pesca) avait largement les jambes pour mettre un tour à tout le monde mais il a coupé court pour se contenter de 90 bornes afin de passer un peu de temps sur la route avec son épouse.

    Maintenant dans le détail, la romance commence… D’abord les personnages :

    - Jean-Paul dit « Pesca », celui par lequel tout a commencé, par un coup de pub sur le forum AFB. Son destrier : un magnifique Condor, « cabriolet du vélo », presque parfait pour affronter les bosses avec ses… Allez, disons 20 kg + les sacoches et le nécessaire pour affronter un tour du monde. Heureusement, il a les jambes… Ainsi que la modestie, proportionnelle aux watts qu’il développe. Bref, que du bonheur et de la gentillesse dissimulée derrière la barbe grisonnante du vrai baroudeur roi du bricolage.

    - Un autre Jean-Paul (le roi Coulomb), partageant avec le premier la même barbe grisonnante, la même modestie qui cache un cœur, des poumons et des cuisses à faire rager plus d’un VD dans les côtes. Destrier un peu plus adapté pour la perf, même si question poids… un M5 Lowracer.

    - Encore un autre Jean-kekchose : cette fois-ci c’est Jean-François, dit « Condor des Sucs » et désormais « brds ». Là, l’after-shave sert encore mais il y a encore plein de place dans le caddy dont il se sert pour mettre en vrac : beaucoup (trop ?) de watts, une bonne humeur contagieuse et l’esprit typique du compétiteur bentiste un tantinet mesquin ; genre qui la joue tranquille le temps que les VD rigolent sous le casque et puis qui d’un coup lâche les watts sur son Baron pour rabattre le caquet à tout le monde… Je suis sûr qu’il y en a plein qui se reconnaissent dans ce genre de descriptif, non ?

    - Matthieu, dit « Tonnerre mécanique », qui la roule pas (la mécanique) mais qui déroule ses km avec une facilité toujours déconcertante au guidon de son M5 SP451. Ce sera mon compagnon de route, de Grenobeule jusqu’à Grenobeule en passant par Lamastre et ses environs. A l’heure qu’il est, il doit encore s’en vouloir d’avoir contribuer à brûler de l’essence en faisant du co-voiturage.

    - Et bien non, on n’était pas que des Mâles : notre Mireille nationale, alias « Ly Masse », fidèle au poste, toujours aussi fluide sur son magnifique VK1, cachant bien son jeu comme à son habitude, et qui pourtant en aura remontré à plus d’un VD.

    - Et pour finir votre serviteur Jérôme dit « Glace de feu » et son VK2 gadgétisé, un rien présomptueux à se lancer dans une telle aventure en ayant en tout et pour tout seulement deux petits cols en bent à son actif…

    Maintenant plantons le décor.

    Pour ceux qui ont déjà fait l’Ardéchoise, fastoche : c’était une partie du parcours de la Volcanique + quelques options bien casse-pattes. Magnifique Ardèche, parsemée de monts et de vaux (non la Noireaude, j’ai pas dit « veaux »), des maisons en pierre de taille à faire craquer plus d’un retraité hollandais, des petites routes qui serpentent tellement que même ma boussole ne trouvait plus le nord, et un revêtement routier qui fait qu’on n’a pas une seule photo à vous montrer… Elles auraient toutes été floues !

    Voilà donc ce que les organisateurs un rien cruels nous avaient mitonné dans le détail : départ Lamastre à 400 m d’altitude, col de la Croix puis col du Mazel (600 m), col de Montreynaud, col du Serre de Porte et col des Nonnières (entre 600 et 800 m), la belle rampe du col des Ambales (1200 m), descente sur St Agrève, col de Rochepaule, la rampe du col de Lalouvesc (1100 m), puis col du Marchand, col du Buisson et belle descente sur Lamastre.

    Tout ça à faire en moins de 8h si on veut obtenir le fameux brevet au retour à Lamastre. Facile sur la carte, mais celle-ci est bêtement imprimée en deux dimensions…

    Bon, après autant de factuel, il est grand temps de passer au récit proprement dit, farci autant que possible d’anecdotes qui constituent les futures moqueries des accrocs de l’AFB et défont les réputations les plus affirmées.

    St Egrève, 6h45 : Matthieu, qui a probablement passé la nuit à bivouaquer en cachette à coté de chez moi, me fait l’affront d’arriver pile à l’heure du rendez-vous au guidon de son fidèle SP451… Même pas le temps de m’enfiler une rasade de pot belge en cachette…

    Les deux destriers rapidement chargés dans la tuture et en route pour 1h45 de morne autoroute et nettement moins morne route tournicotante ardéchoise.

    Lamastre, 8h50 : pas de bent à l’horizon. Tant pis, ils ont dû partir loin devant. Equipés de pied en cape, armés du roadbook récupéré à la tente d’inscription, perdus au milieu de quelques VD, nous voilà, Matthieu et moi, en route pour une aventure dont nous n’avons pas encore perçu toutes les dimensions.

    Le ciel est gris, l’atmosphère est froide, les VD sont un rien méprisants, ma vessie est pleine et ma boussole est paumée. Bref, à peine avons-nous fait 500 m que c’est le premier arrêt pipi et contrôle de carte.

    Bon dieu, mais où c’est ?

    Un petit peloton de VD bariolés passe à petite allure. On leur prend donc l’aspi, le temps d’apprendre qu’il suffit de suivre les petites flèches judicieusement disposées aux carrefours stratégiques… Merci messieurs !

    Bon c’est pas tout ça, la route descend et on n’est pas là pour user les patins de frein derrière des VD… C’est donc avec la malice de tout bentiste connaissant les avantages de son destrier que nous nous lançons dans une descente « banzaï ».

    Pour pas très longtemps ; l’ingénieur des ponts et chaussées qui a fait le trait de route n’a pas manqué d’idée « casse-bentiste » : virages serrées, trous et bosses en formation/évolution/reproduction/dégénération, granulats plus ou moins scotchés au bitume.

    Bref pas de quoi mettre 10 bornes au petit peloton de VD.

    Le Bruas, 1er point de contrôle : ça y est, le peloton nous a recollé, après une première côte d’environ 300 m. Décidés à aller jusqu’au bout du brevet, avec Matthieu nous décidons de ne pas leur sucer la roue et de tenir notre petit rythme « avec de la réserve sous le coude ».

    Las. C’était sans compter avec une dépense énergétique à laquelle je n’étais pas encore habitué : l’explication de texte aux VD ! Ben oui quoi : deux bambis perchés sur leur Cannondale décident de tailler un bout de montée avec nous, et c’est parti : « c’est pas casse-gueule ? », « c’est quoi les avantages ? », « et comment on fait pour monter ? », « et ça se trouve où ? », « et c’est quoi la taille des roues ? », etc etc…

    Ca nous aura bien coûté un litre de flotte pour s’éclaircir le gosier et tenir la conversation… La succession de montées et de descentes qui s’ensuivra sera à leur avantage et on les laisse finalement filer en danseuse, les roubignoles ballotantes 20 cm au-dessus de la selle, tel un pendule qui ne sait pas ce qu’il rate à ne pas s’allonger.

    Du col du Monteynaud jusqu’au 2ème point de contrôle : enfin une belle descente où les bents peuvent faire parler la poudre. L’occasion de dépasser les 70 km/h et faire un coup de vent en dépassant un VD en recherche de vitesse… Hélas le plaisir s’interrompt bien vite : le point de contrôle vient vite mettre un frein à nos instincts suicidaires, planté qu’il est au milieu de la descente. Est-ce la décontraction qui suit la énième explication de texte (aux contrôleurs cette fois-ci) sur l’intérêt du bent, je repars dans la côte et m’emmêle les pinceaux en passant sur le petit plateau : chaîne coincée entre les deux plateaux, chaussures qui ne veulent pas déchausser et crac… Ma 1ère mini-pelle de la journée !

    Ca a du bon, le bent : on ne tombe pas de bien haut !

    S’ensuit une belle côte qui nous fait puiser un peu plus dans nos « réserves » ; les conversations deviennent courtes, le souffle aussi.

    Concentrés que nous sommes sur notre pédalage bien rond (ou presque), et sur le sourire obligatoire à afficher en croisant les autochtones devant leur maison (« Bonjour ! » ; « Bonjour ! Dîtes, ça a l’air dur ! » ; « Meuh non, c’est tranquille, on se balade… ! », suivi du « Argh argh argh » du bentiste à la recherche d’oxygène… hé hé ).

    Matthieu, inquiet pour ses réserves d’énergie, s’enquiert de la localisation du premier ravitaillement. Une belle descente bien bosselée….

    Et paf : Nonnières, le 1er ravitaillement… Et deux bentistes de plus : Pesca et Mireille, enfin ! A peine le temps de se serrer la paluche ou de se faire la bise et on les voit s’enfuir comme des voleurs… Haletante, Mireille nous explique qu’on va attaquer le plus gros morceau (col des Ambales), que ça va être dur, et que si elle attend plus elle ne va jamais repartir.

    Nous la laissons donc se concentrer sur son pédalage bien rond dans le premier raidillon en compagnie de Pesca et ses + de 20 kg de bent, et nous nous jetons sur le pain d’épice, raisins secs et autres tranches de saucisson ingurgitées avec une boulimie et un plaisir non dissimulé.

    A l’attaque du col des Ambales : confiants dans nos réserves, Matthieu et moi nous élançons à l’attaque du « géant ». Et paf, 2ème excès de décontraction : un virage en épingle à cheveux interrompt la grimpette, et je me vautre piteusement, empêtré avec le rayon de braquage « ducatesque » de mon VK2 en transmission directe et avec mes chaussures qui décidément ne veulent pas déchausser…

    Bah, faut regarder le positif : rage au cœur, je me relance dans cette côte avec laquelle je suis bien décidé d’en découdre. Au milieu de la portion la plus raide (12 % ?), nous voyons un VD en difficulté : une charmante concurrente qui met pied à terre, à l’endroit où d’après ses dires elle en a pris l’habitude…

    Avec le sourire un rien forcé du bentiste à l’effort, nous lui souhaitons bon courage et continuons tant bien que mal, tentant de rester scotchés au 8-9 km/h de notre rythme de croisière. Tout à coup, un cri de rage parvient du bent qui me précède : Matthieu vient de réaliser qu’il était sur l’avant-dernier pignon… ! Est-ce une ruse du bentiste confirmé pour me faire un coup d’intox ? Je ne le saurai jamais…

    Et c’est donc avec un paquet de calories dissipées et quelques décilitres d’eau en moins dans les gourdes que nous rejoignons Mireille et Pesca au sommet du col. Pas le temps de s’arrêter prendre une photo (d’ailleurs on n’a pas d’appareil !), un VD équipé comme pour le Paris-Nice vient nous titiller avant la descente. Fierté de bentiste en bandoulière, coudes rentrées dans les cotes pour améliorer l’aérodynamique, ce sera une série de « un coup à toi, un coup à moi » dans la succession de descente, faux-plats et petites grimpettes qui nous séparent de St Agrève.

    Le « Paris-Nice » ambulant s’arrête soulager sa vessie et nous ne le reverrons plus. C’est aussi là que Pesca nous abandonne à notre sort de bentistes ayant fait à peine plus de la moitié du parcours…!

    A l’attaque du col de Rochepaule, ou Mireille qui cache son jeu : le ciel s’est enfin dégagé, le soleil commence à marquer la limite du maillot et du cuissard, la route est tranquille et les chèvres viennent nous dire bonjour depuis les abords.

    Ca c’est le décor.

    Parce que sur les machines, y en a une qui nous a mené en bateau depuis un sacré moment. Je veux parler de Ly Masse, qui nous la joue tout le temps « pff, c’est trop dur, j’ai pas la caisse, ne m’attendez pas », etc etc…Tu parles ! Bien plantée sur son 30-32, elle nous enchaîne les moulinets du pédalier et nous tient le crachoir jusqu’à Rochepaule. Au point que Matthieu n’osera même pas lui faire le coup du grand pignon oublié dans la côte…

    Col de Rochepaule, 2ème ravitaillement : même topo. Des organisateurs super sympas, qui préparent la citronnade, les tranches de pain d’épice, le saucisson et les raisins secs. Pendant que nous ingurgitons quelques réserves de watts, ils montrent un vrai intérêt pour nos montures. Est-ce la distance et le dénivelé déjà franchis par nos destriers ? On sent bien qu’il n’y a pas de moquerie derrière les questions de ces cyclistes découvrant ces drôles de bestiaux.

    Mireille en profite pour nous refaire le coup du « j’y vais, vous me rattraperez bien hein ?! ». Et Matthieu continue à expliquer aux badauds tout l’intérêt du frein à disque pendant que je m’envoie encore du saucifflard.

    A l’assaut du col de Lalouvesc : la descente du col de Rochepaule sera un bien court répis. Concentrés que nous sommes sur les irrégularités de la route et sur les 4x4 qui surgissent de temps à autre au détour d’un virage, tendus sur le siège, les jambes enserrant le cadre, on laisse filer à 50 km/h en sachant bien qu’il serait déraisonnable d’aller au-delà.

    Puis c’est l’attaque du 2ème col le plus costaud du brevet. Du moins on l’espère, parce qu’au ravito on n’était pas bien sûr d’avoir compris que c’était celui-là ou un autre encore après…

    Effectivement, Matthieu se met d’entrée sur son plus grand pignon, et ce sera à un train de sénateur essoufflé que nous rejoindrons Mireille peu avant le sommet (quand on vous dit qu’elle cache bien son jeu…), puis le sommet proprement dit.

    Jusqu’au 3ème point de contrôle : Lalouvesc franchie, c’est une belle descente un peu plus roulante avec une route large qui nous conduit à faire un coup de « bent banzaï » jusqu’au col du Marchand en contrebas.

    Rebelote : les organisateurs nous ont planté le point de contrôle en plein milieu. A la réflexion, heureusement : le brevet nous oblige à tourner à droite sur une mini-vicinale. Sans les contrôleurs, à l’heure qu’il est on serait encore à dévaler la pente jusqu’à Dieu sait où…

    Prévenus, nous entamons la vicinale en descente avec circonspection. La route est défoncée, il y a des gravillons partout, et pas la place pour croiser un camping-car… Matthieu encore concentré sur son passage entre le grand pignon et l’avant-dernier (à moins que ce ne soit sur le paysage, je ne sais plus…) se paye un gros pavé en plein dans le mille de la roue avant.

    Roue déformée, il en sera quitte pour terminer le brevet en comptant très fort sur le frein arrière du SP451…

    Nous attaquons ensemble le dernier col du brevet : le col du Buisson. Montée facile comparativement aux précédents, qui nous permettra de doubler un VD. En l’occurrence une dame qui s’entraîne pour l’Ardéchoise, elle en est à son 3ème col de la journée… On lui souhaitera quand même une bonne fin de journée… !

    Enfin c’est Nozières et la belle descente sur Lamastre. Pour entretenir ma réputation, je passe à l’attaque dans la descente, sur un revêtement parmi les meilleurs rencontrés durant la journée. Une voiture à l’horizon sera ma cible tout au long, cible rapidement atteinte mais pas dépassée car Lamastre est là !

    Qu’est-ce que ça va vite, un bent, dans les descentes…

    L’euphorie de l’arrivée, d’avoir réussi le brevet, d’avoir encore de la réserve dans les quadriceps… Un cocktail qui me vaudra ma 3ème mini-pelle de la journée.

    Et ce avec la complicité d’un canasson ! Oui, vous avez bien lu, je peux m’enorgueillir d’être la victime du –probablement- unique accident de l’histoire entre un bent et un cheval ! En effet c’est la fête du cheval à Lamastre, et le centre-ville est encombré de toutes sortes de véhicules dont des canassons.

    Et je ne sais pas si vous avez remarqué, mais un canasson ça n’a pas de clignotant. Mes talents de devin dans la trajectoire d’un cheval étant des plus limités, je me ferai donc surprendre par l’un d’entre eux dont le cavalier a décidé subitement de me couper la route…

    Une bonne nouvelle pour les proprios de VK2 : leur cadre résiste au piétinement d’un cheval !

    Retour à la tente de départ, c’est fini. 19 km/h de moyenne pour 135 bornes, 10 cols et 2700 m de dénivelé ; sûrement pas le top de ce que la crème des bentistes de l’AFB auraient pu faire mais au moins on aura taillé une belle route sans se faire exagérément mal aux muscles.

    Plaisir de retrouver Pesca, mais aussi Jean-François et Jean-Paul qui ont terminé depuis belle lurette, ils ont passé leur temps à chasser du VD tout le long du parcours…

    Un beau brevet remis par l’organisateur, un bon repas chargé en calories, des histoires de bentistes à se raconter, une séance « technico-commercial » de Pesca tentant de me débaucher pour l’Ardéchoise, et ce sont les « au revoir ».

    1h45 de route ardéchoise magnifiquement éclairée par un soleil couchant, et d’autoroute désespérément morne, et c’est le retour au bercail.

    Au final une magnifique journée, qui constituera un magnifique souvenir bentiste. La joie d’avoir fait beaucoup de dénivelé, de s’ouvrir de nouveaux champs d’investigation sur les cartes IGN, et comme toujours, de partager de très bons moments avec des gens charmants et qui méritent le détour : la petite famille des bentistes du sud-est !

    _________________
    Glace de feu


le 06 juin 2005 par x




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